• LES REMPARTS DU CÂTEL DE HOUDETOT (Seine-Maritime)

    Le Câtel de Houdetot :

     

         Morne plaine, circulez, il n’y a plus rien à voir… La motte du Câtel (ou Castel) de Houdetot, encore visible au 19e siècle, a aujourd’hui complètement disparu. [NdB] 

     

    LES REMPARTS DU CÂTEL D'HOUDETOT (Seine-Maritime)    LES REMPARTS DU CÂTEL D'HOUDETOT (Seine-Maritime)

     

    Plan de situation de la motte disparue du Câtel à Houdetot ; blason originel de la famille de Houdetot, d'or à six sangliers de sable, https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&rubrique=blasons&id=8448661&desc=de_houdetot_famille_normande_j 

     

    LES REMPARTS DU CÂTEL D'HOUDETOT (Seine-Maritime)« Houdetot : 

         Voici un exemple frappant de la vicissitude des choses humaines. Houdetot fut une puissante forteresse, le siège d'une famille célèbre. Cette terre a donné son nom à de vaillants chevaliers, à de nombreux gentilshommes qui le portent encore honorablement dans le monde et qui le transmettront longtemps à la postérité ! et si vous demandez le chef-mois de tant de noms épars dans nos archives et sur les dalles de nos églises, on vous montrera, dans la plaine, de vieilles murailles greffées sur une motte que l'on appelle encore le Câtel de Houdetot. Voilà tout ce qui reste d'une puissance qui a dominé ce pays. Les enfants jouent là où ont tremblé les pères. » [1]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DU CÂTEL D'HOUDETOT (Seine-Maritime)« Houdetot :
          Époque franque ou normande. — On trouve à Houdetot une motte considérable couverte de maçonneries et entourée de terrassements ; on l’appelle le Câtel de Houdetot. Il est probable que c’est la ruine de l’ancien château féodal.
    Le terrier de Houdetot de 1752 montre un chemin Arquais. C’est une de ces anciennes voies qui sillonnaient jadis le pays de Caux, se dirigeant vers Arques, chef-lieu des poids et mesures. On trouve des rues Arquaises et des chemins d’Arques, à Fécamp, à Yvetot et à Baons-le-Comte. " P.261 » [2]
     

     

    Ci-dessus, une photo aérienne des années 1950-1965 extraite du site Géoportail.

     

    LES REMPARTS DU CÂTEL D'HOUDETOT (Seine-Maritime)« Houdetot : 

         L'église, sous le vocable de Saint Pierre, est du 13e siècle par son chevet seulement, et de la fin du 17e pour tout le reste. Pèlerinage à Saint Eutrope, contre l'enflure. – On parle d'une chapelle dédiée à Saint Georges.

         Houdetot, d'abord nommé Holdetot, fut donné à l'abbaye de St-Georges-de-Boscherville, lors de sa fondation au 11e siècle. Mais plus anciennement encore, l'abbaye de Fécamp possédait le patronage de l'église et une seigneurie importante dans le village. Il y a tradition d'abbaye, ce qui paraît indiquer au moins que la cure fut régulière. 

         Les sires de Houdetot, dont la famille subsiste encore, sont cités dès la fin du 12e siècle, et ont une place honorable dans notre histoire.

         En 1350, Robert de Houdetot fut créé maître des arbalétriers de France, et se distingua devant Honfleur en 1357. 

    Guy de Houdetot servit avec zèle le roi Charles V, qui lui octroya, en 1373, une gratification de 60 livres tournois (plus de 1 200 fr.).

         Enfin, un sire de Houdetot était bailli de Rouen en 1385.

         En 1724, la terre de Houdetot fut érigée en marquisat ; on lui réunit, à cette occasion, la châtellenie de Graimbouville et la terre de St-Laurent-de-Brèvedent. Quelques sires de Houdetot portent le nom de comtes. Une dame de Houdetot est connue par ses relations avec J.-J. Rousseau.

         Une motte considérable, appelée Butte-du-Catel, est entourée de fossés et de murs en ruines. C'est, à coup sûr, la base de l'ancienne forteresse occupée par les Bourguignons en 1418. » [3]   

     

    Ci-dessus : "morne plaine", une photo extraite du site Google Earth.

     

    La famille de Houdetot

     

    LES REMPARTS DU CÂTEL D'HOUDETOT (Seine-Maritime)     « Dans le même canton, à six kilomètres au nord-ouest de Crasville-la-Roquefort, s'élèvent « de vieilles murailles greffées sur une motte que l'on appelle encore le câtel de Houdetot » (Cochet - Les églises de l'arrondissement d'Yvetot). C'est tout ce qui reste du chef-mois de cette ancienne famille dont le nom se lit si souvent dans nos archives et sur les dalles de nos églises. Il n'entre pas dans nos intentions d'énumérer les services rendus au pays par tant de vaillants chevaliers, ni de raconter leurs alliances et d'expliquer comment coulait dans leurs veines le sang de Rollon et de saint Louis. Ce sont là des détails qu'on pourra lire au tome VIII de l'Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs grands officiers de la couronne et de la maison du roy, et des anciens barons du royaume, par le père Anselme et au registre complémentaire de l'Armorial général des d'Hozier. 

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien du 19e siècle, Archives de la Seine-Maritime, https://www.archivesdepartementales76.net/

     

        Nous nous contenterons de citer ici quelques-uns des personnages les plus marquants de cette maison, dont la noblesse est sans principe connu.
          Jean I ou Louis de Houdetot suivit en 1034 Robert le Magnifique dans son étrange et magnifique pèlerinage à Jérusalem, et en 1066 accompagna Guillaume le Bâtard a la conquête de l'Angleterre. C'est lui, d'après quelques chroniques, qui portait l’enseigne ducale à la bataille d'Hastings.
          Jean II et Colard d'Houdetot, furent en 1097 à la bataille de Dorylée et à la prise de Jérusalem sous Robert Courte-Heuse.
          Robert de Houdetot, grand-maître des arbalétriers, puis connétable, fut en outre sénéchal de la province d'Agénois, capitaine général du duché de Normandie et capitaine souverain pour le roi entre les rivières de Garonne et de Dordogne. Toute sa vie se passa à la guerre et son nom se trouve sur toutes les listes de capitaines qui combattirent les Anglais sous le règne de Philippe VI et pendant la première année du règne de Jean II.
          Guillaume IV de Houdetot, bailli de Rouen, se signala par son courage et son patriotisme lorsque Henri V d'Angleterre assiégea Rouen, en 1418. Fait prisonnier et donné au seigneur de Robersart d'Escaillon, il fut mis par ce dernier à 4,000 écus d'or et 20 marcs d'argent de rançon. Pendant qu'il s'efforçait de conserver Rouen à la France, son château avait été pris et brûlé par l'ennemi.
          Guillaume de Houdetot, gouverneur du château de Godesa à Gènes y soutint de 1512 à 1514 un siège de vingt-sept mois et ne se rendit que lorsqu'il se vit réduit à vivre de rats et de souris.
          Récompensé par la capitainerie de Thérouanne, il défendit énergiquement cette place contre Charles-Quint et la lui remit si délabrée que l'empereur aima mieux y semer du sel et y passer la charrue que la relever de ses ruines.
          Claude-Constance-César de Houdetot, mestre de camp de cavalerie et capitaine-lieutenant des gens d'armes sous le titre de Berry, se trouva en 1744 à l'affaire de Wiessembourg dans le détachement qui chassa les ennemis de leurs lignes, et en 1745 à la bataille de Fontenoy, où la gendarmerie arrêta la première colonne de l'armée anglaise. En 1746, il fit partie d'un corps de 600 hommes qui seuls soutinrent le choc de 2 000 ennemis et les culbutèrent. Louis XV, en considération de ses services, l'éleva par grâce spéciale à la dignité de comte, lui et ses descendants, sans ordre de primogéniture.
          Mais plus d'un de ces fils de croisés ne se contenta pas d'être quelque chose, et voulut aussi devenir quelqu'un. Plus d'un joignit aux antiques traditions de sa famille les aspirations de l'esprit nouveau. Aussi le rôle des comtes de Houdetot n'a pas été fini à la Révolution et le 19e siècle encore vu leur nom figurer avec honneur sur les champs de bataille, dans l'administration et même dans les arts et les lettres.


    LES REMPARTS DU CÂTEL D'HOUDETOT (Seine-Maritime)LES REMPARTS DU CÂTEL D'HOUDETOT (Seine-Maritime)      Armes jusqu'au 14e siècle : d'or a six porcs de sable, 3, 2 et 1.
          Depuis le 14e siècle : d'argent à la bande d'azur paillée d’or.
          Depuis la fin du 15e siècle : d'argent a une bande d'azur diaprée d'or et chargée de trois cercles ou compartiments d'or, d'un lion d'or dans celui du milieu et de deux aigles de même dans les deux autres, aussi de quatre filets d’or, deux en haut et deux en bas et dans les intervalles des compartiments de huit petits triangles d’or percés dont les quatre des deux bouts ne paraissent qu’à moitié ; ces trois cercles, attachés l'un à l'autre, ainsi qu'aux deux filets et aux deux bouts de la bande par d’autres. » Article de Jacques Lestrambé [4]
     

     

         Pour plus d’information sur la famille de Houdetot, voir l’Armorial général de la France des d’Hozier... par Louis Pierre d'Hozier - Firmin Didot frères et fils, 1868 https://books.google.fr/books?hl=fr&output=text&id=3x0-AAAAcAAJ&q=Houdetot#v=snippet&q=Houdetot&f=false ou le Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France. Tome 10 / par François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois et Badier (1699-1783). Éditeur (Paris) 1863-1876 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61523259/f403.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Houdetot%22?rk=21459;2 ou encore : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6536473c/f246.image.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20Houdetot%22?rk=85837;2 ou encore : http://herve.laine-bucaille.pagesperso-orange.fr/noblesse/H/Houdetot.htm 

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Les églises de l'arrondissement d'Yvetot, Volume 1 par Jean Benoît Désiré Cochet - Didron, 1852, https://books.google.fr/books?id=kNn_4n1s_ZAC&pg=RA1-PA352&lpg=RA1-PA352&dq=Houdetot+Le+catel&source=bl&ots=b5BA_VZR6p&sig=ACfU3U22vKnVHONXYk8-FpPEKsjorbFH3w&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjPwba4osT3AhXWlmoFHdtJDsQ4ChDoAXoECAMQAw#v=onepage&q=Houdetot%20Le%20catel&f=false 

    [2] Extrait de La Seine-Inférieure historique et archéologique par l'abbé Cochet - Librairie historique et archéologique de Derache, 1864 https://books.google.fr/books?id=Yw_4OjszS3QC&pg=RA2-PA261&lpg=RA2-PA261&dq=Houdetot+Le+catel&source=bl&ots=SX4PIEWzQ8&sig=ACfU3U0zT5qEkxBDMaRpa1_rSr-PmCODJA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjPwba4osT3AhXWlmoFHdtJDsQ4ChDoAXoECAIQAw#v=onepage&q=Houdetot%20Le%20catel&f=false 

    [3] Extrait de la Géographie du département de la Seine-Inférieure : Arrondissement d'Yvetôt par Joseph Prudent Bunel - E. Cagniard, 1876 https://books.google.fr/books?id=Z7UaAAAAMAAJ&pg=PA197&lpg=PA197&dq=Houdetot+Le+catel&source=bl&ots=qwUYB4YHkw&sig=ACfU3U1FXlojxug0KaLwOjypcmMBlCCIww&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiB_a6EpMT3AhXTlmoFHYn8Dr84ChDoAXoECBYQAw#v=onepage&q=Houdetot%20Le%20catel&f=false 

    [4] Extrait de La Normandie monumentale et pittoresque... Seine-inférieure, 1re [-2e] partie... Éditeur (Le Havre), 1893 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62340920/f524.item.r=%22C%C3%A2tel%20de%20Houdetot%22 

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