• LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)

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    Le Bec-Hellouin, une abbaye autrefois fortifiée

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     Pour se protéger des attaques anglaise au cours de la guerre de Cent Ans, l'abbaye du Bec-Hellouin s’est dotée d'une enceinte aux 14e et 15e s. ; de cet aspect militaire qui va essentiellement nous intéresser ici il ne reste rien aujourd’hui que ce qu’ont pu révéler des fouilles récentes.

         Plusieurs abbayes normandes ont été fortifiées au cours de l'histoire. L'abbaye de Fécamp et l'abbaye du Mont-Saint-Michel en sont deux exemples bien connus. [NdB]

     

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         « Ce ne sont pas les exemples de fortification d’abbayes qui manquent pendant toute la guerre de Cent Ans. L’abbaye Saint-Etienne de Caen avait été contrainte par le roi de France à s’entourer de fossés et de murailles dès le commencement de la guerre. Dominant Rouen, l’abbaye Sainte-Catherine du Mont fut également fortifiée ; c’est pourquoi elle apparaît entourée de hauts murs et de tours sur la grande vue de Rouen de Jacques Le Lieur (1525). L’abbaye du Bec se distingue cependant par la démesure de ses fortifications. Lors de cette intervention limitée en emprise, on a pu constater que des éléments subsistaient dans le sol. Il conviendra, par la suite, d’être attentif à de nouvelles découvertes qui pourraient enrichir nos connaissances de cet épisode négligé de l’histoire du Bec. » [1]

     

    Courte grande histoire

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)    « L’abbaye Notre-Dame du Bec est fondée au 11e s. par un simple chevalier, Herluin. L’arrivée de Lanfranc de Pavie comme prieur, en 1039, et la création de l’École du Bec contribuent grandement à la notoriété du monastère qui voit arriver dons et élèves issus des élites de la Normandie. Bénéficiant de nombreuses donations, l’abbaye voit le nombre de ses possessions atteindre une telle importance que l’on disait à son propos De quelque côté que le vent vente, l’abbaye du Bec a rente. La guerre de Cent Ans va mettre à mal cette incroyable prospérité ; c’est ce que révèle la découverte archéologique faite à l’hiver de 2015. Actuellement l’abbaye est un ensemble architectural essentiellement classique. Seule la tour Saint-Nicolas, érigée au 15e s, illustre véritablement ses origines médiévales. » [1]

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)   LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)

     

    Plan de situation de l"abbaye du Bec-Hellouin : 1. vestiges de l’église abbatiale Notre-Dame du Bec 14e s., détruite à partir de 1809 ; 2. bâtiments monastiques 18e s. ; 3. cloître 17e s. ; 4. logis abbatial (1632-1735) ; 5. tour Saint-Nicolas 15e s. classée en 1840 ; 6. porterie fin du 15e s.

    Eléments disparus reconnus par les fouilles : 7. grosse tour ; 8. mur du logis et de la chapelle ; 9. fortification découverte en 2005 ; 10. courtine dégagée en 2009 ; 11. tour et courtine bordée par le ruisseau du Bec ; 12. courtine dégagée en 2018 ; 13. glacis subsistant à la base Nord et Est de la tour Saint-Nicolas. Carte établis d’après des éléments DAO Erik Follain et la revue Patrimoine Normand n° 98 et 117. 

    A gauche, blason de l'abbaye Notre-Dame du Bec par A.T-2012Cette image vectorielle non W3C-spécifiée a été créée avec Inkscape . — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21983699

     

    L'abbaye fortifiée en résumé :

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     « À la fin du 14e s, l’abbaye, sous l’administration de Geoffroy d’Harenc, entreprend la réalisation d’une véritable enceinte. L’épaisse muraille est flanquée de quinze tours et une grosse tour, dite tour Notre Dame, vient appuyer la défense. Cet ouvrage majeur sera terminé par son successeur Guillaume d’Auvillars. Ce dernier s’attacha à renforcer encore l’enceinte qui fut achevée en 1415.

         En avril 1418 le grand sénéchal d’Angleterre, Thomas de Lancastre, vient mettre le siège devant la forteresse du Bec. Après un mois, la garnison française, peu motivée, capitule. Commence alors le saccage et le pillage de l’abbaye dont les occupants sont chassés.

         Une tentative française pour reprendre la place en 1421 échoue. En représailles Henri V ordonne le démantèlement de l’enceinte. » [1]

     

    Jean de La Varende :

     

         « Charles le Mauvais ravage la Normandie, et l'on décide, en 1358, de fortifier l'abbaye, ce qui allait ouvrir l'ère des malheurs sans nom. La « fortification » consista à boucher les fenêtres de l'église qui fut convertie en dépôt de vivres et fourrages ; on détruisit les trois côtés du cloître pour entourer l'église de fossés et de courtines ; destruction du dortoir. En 1392, on tente de rendre à l'abbaye un peu de sa physionomie ancienne ; on débouche les fenêtres, on refait le cloître, on comble les fossés de défense, mais, en fait, cette résurrection fut encore un désastre, car l'abbé téméraire, Geoffroy Harenc, jugeant qu'il fallait quand même protéger la maison, entreprit une enceinte formidable, flanquée de quinze tours, qui devaient mettre l'abbaye à l'abri de tout assaut. Oui, mais la rendre une citadelle et non plus une Maison de Dieu ! Dépense épouvantable, qui força de réduire le régime des moines, alors déjà si mince ! Les murs finirent par dépasser la hauteur de ceux d'Avignon ils avaient quinze pieds d'épaisseur à la base, et dix au sommet ; on édifia un donjon. Ainsi, au coeur du riant vallon, se dressa une forteresse extrêmement singulière, dont la force effroyable ne défendait qu'une cathédrale isolée. En 1415, juste pour Azincourt, tout était terminé et cela avait coûté 25 000 livres tournois ; juste aussi pour recevoir Henri V dans son second débarquement aux bords de la Touques, en 1417. Le roi d'Angleterre envahit la Normandie à grandes guides, faisant tout fuir jusqu'en Bretagne. Alors, pour donner à la place forte toute sa puissance, on se résigne à démolir tout ce qui se trouvait en dehors de ses murs et de ses courtines. La chapelle du pieux Herluin, si chère aux coeurs, et qu'on entretenait comme le palladium de l'abbaye, fut sacrifiée. Cela ne servit à rien. Le duc de Clarence, sitôt la prise du château d'Harcourt, mit le siège devant l'abbaye, et après un mois, le 4 mai 1418, le Bec dut capituler. Depuis plusieurs années, ce n'était plus qu'une caserne. Le bourg du Bec avait brûlé avec son église paroissiale. Les Anglais pratiquèrent le filtrage des éléments nationaux ; ceux qui faisaient serment d'allégeance au roi d'Angleterre gardaient leurs biens ; les autres étaient chassés. Le 4 juin 1418, Henri V lui-même passa trois jours au Bec, devenue forteresse anglaise, et où végétaient les moines qui avaient accepté. Les biens des réfractaires étaient distribués aux officiers anglais ; il se produisait, pour la Normandie, ce que les Normands avaient jadis infligé à l'Angleterre. Le 13 juin 1421, après trois ans d'occupation, premier sac de l'abbaye, à la suite d'une reprise faite par des partisans, des résistants secoués de folie. Dévastation et pillage, disparition de tout ce qu'on gardait encore de précieux. Les lames d'argent qui couvraient le tombeau de leur ancienne reine, les Anglais allèrent jusqu'à les arracher. Mais, à la paix, reprise des travaux, et pourtant on n'en menait pas large, les Anglais avaient exigé la démolition des forteresses aux frais des moines, et la mise au ras du sol de pareilles substructures avait été extrêmement onéreuse. Cependant, en 1453, l'église était réparée. Volonté admirable, que seule peut expliquer la continuité monastique, sa perpétuelle renaissance et son perpétuel espoir ! En 1467, construction de la fameuse tour Saint-Nicolas, le seul monument qui reste des grands édifices du Bec, avec l'entrée à deux échauguettes, datée de 1500. » [2]

     

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    Autre développement sur :

     

    « L’abbaye du Bec dans la tourmente de la guerre de Cent Ans

     

         Après l’échec d’une ultime négociation entre la France et l’Angleterre, que s’efforce de mener la cour papale d’Avignon, le roi Jean II le Bon en 1358 fait fortifier l’abbaye du Bec. Celle-ci forme en effet une sorte d’enclave française sur les terres de Charles II le Mauvais, roi de Navarre (1349-1387), allié des Anglais. Et, comble de malchance, c’est à ce moment que faisant fi de toute élection, alors que les moines viennent d’élire en 1391 Geoffroy Harenc, Estout d’Estouteville, qui appartient à une puissante famille normande, réussit à se faire octroyer l’abbaye par le pape Clément VII. Jusqu’à son départ pour Fécamp, il mène au Bec la vie fastueuse des grands seigneurs, pillant littéralement son monastère jusqu’au plomb des couvertures. Au retour de Geoffroy Harenc, l’abbaye connaît alors une surprenante accalmie mise à profit pour sa restauration. L’afflux des novices est un signe qui ne trompe pas. Par prudence, Geoffroy Harenc fait construire d’épaisses murailles flanquées de 15 tours. Il doit également se résoudre, pour empêcher l’ennemi de se fortifier, à raser tout ce qui n’est pas à l’intérieur des fortifications (les dépendances de l’abbaye et surtout la chapelle d’Herluin).

     

    Les Anglais pillent le Bec

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     Les Anglais, malgré cela, sous la conduite du grand sénéchal d’Angleterre Thomas de Lancastre, assiègent le Bec. Après vingt jours de résistance, la garnison se rend le 4 mai 1418, veille de l’Ascension. Quand les Anglais eurent fait leur entrée dans l’abbaye, ils la saccagèrent de fond en comble, enlevant l’argent, les meubles, les récoltes et les autres objets qui s’y trouvaient entassés et qui appartenaient tant aux religieux qu’aux gens des environs réfugiés dans le monastère. Et quand cette misérable population eut été dépouillée de ce qu’elle possédait, les Anglais la chassèrent ne lui laissant emporter que les vêtements qu’elle avait sur le corps. »

     

    Ci-dessus, une carte postale montrant au premier plan les vestiges de l'abbatiale du Bec-Hellouin qui existait lors de l'occupation anglaise ; au second plan la tour Saint-Nicolas fut construite par la suite.

     

         Le 3 juin, Henri V, roi d’Angleterre, arrive au Bec. Il y installe, pour tenir la place, vingt hommes d’armes, leurs valets ainsi qu’une quarantaine d’arbalétriers, à charge pour la communauté de subvenir à leurs besoins. Le 12 février 1420, Robert du Bec, dit Vallée, fait acte de soumission au roi d’Angleterre qui, en contrepartie, donne mainlevée sur les biens du monastère. Malgré une série de mesures plutôt libérales, les Anglais ne peuvent pacifier complètement la Normandie. Des compagnies de partisans ne cessent de harceler l’occupant. L’une d’elles, menée par Lestendard de Milly, s’infiltre à l’intérieur de l’abbaye sans pouvoir réussir à s’emparer du donjon tenu par la garnison anglaise. Dans une violente contre-attaque, celle-ci réussit à faire prisonniers les assaillants, met à sac l’abbaye et expulse les moines.

     

    Thomas du Bec, l’un des juges de Jeanne d’Arc ?

     

          A la mort d’Henri V (1427), la période est si troublée que l’élection du nouvel abbé a lieu à Rouen dans la chapelle de l’hôtel de la Fontaine. Y est élu, le 9 juin 1430, par acclamations, le prieur claustral Thomas du Bec, dit Frique, qui ne résidera pratiquement pas au Bec, son abbaye étant régulièrement pillée. Thomas Frique passe pour avoir été l’un des juges qui condamnèrent Jeanne d’Arc. Pourtant, tout porte à croire que s’il a bien été présent à l’adjonction arrachée à Jeanne, son nom ne figure pas dans la liste de ceux qui la déclarèrent hérétique.

     

    La période de reconstruction

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     La guerre de Cent Ans s’achève sous l’abbatiat de Jean de la Motte, le 10 novembre 1449, avec l’arrivée solennelle de Charles VII à Rouen. Tout, de nouveau, est à reconstruire. Cette immense tâche est confiée à Geoffroy d’Épaignes, élu le 20 décembre 1452. Il fit reconstruire moulins, manoirs et granges, ainsi que les aqueducs qui fournissaient l’abbaye en eau*. En 1467, il commence l’édification de la tour Saint-Nicolas que terminera en suivant ses plans Jean Bouchard, un protégé de Louis XI ayant bénéficié de la candidature royale. La grande porte d’entrée de l’abbaye avec ses deux tourelles carrées qui la flanquent, l’une servant de loge au frère portier, l’autre de geôle, est due à Robert d’Évreux, élu le 10 décembre 1484. A sa mort, lui succède Guillaume Guérin qu’on décrit « rayonnant comme un astre éclatant parmi les autres abbés ». Il est le dernier abbé régulier du Bec. Mais il est déjà de son vivant la cible d’attaques en règle de ses prieurs et d’un certain Jean d’Aptot qui s’intitule archiprieur. " [3]

     

         * Un réseau hydraulique qui permet l’alimentation en eau de l’abbaye par aqueduc souterrain et par captage de sources. Il fonctionne toujours. La source est captée au lieu-dit source Marmot, auparavant fontaine Saint-Martin selon le cadastre Napoléonien, sur la commune de Saint-Martin du Bec rattachée aujourd’hui à la commune du Bec-Hellouin. »

     

    La porte d'entrée de l'abbaye...

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    Ci-dessus, « En 1490, construction de la grande porterie de l’abbaye (qui vient d’être restaurée et inaugurée en 2017) par le 31e abbé du Bec, Jean Bouchard, premier abbé commendataire du Bec. » [3]

     

    Résultat de fouilles en 2015

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     « À l’automne 2015, une reconnaissance de sol, pour asseoir le mur et le portail du logis abbatial actuel, révèle la présence inattendue de maçonneries. Il s’agit d’une cage d’escalier en colimaçon montée en pierre de taille et, à quelques mètres, d’un parement présentant un glacis. Les vestiges sont trop incomplets pour être interprétés. Des terrassements complémentaires s’avèrent indispensables pour comprendre les vestiges et assurer leur préservation en adaptant les fondations de la clôture projetée.

    Ci-dessus, plan des vestiges de la tour et de l’amorce d’une courtine DAO : É. Follain (SRA Normandie). https://journals.openedition.org/adlfi/23879

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     L’analyse des maçonneries mises au jour pendant cette intervention révèle deux étapes de construction. Initialement c’est un mur de 2,40 m d’épaisseur, épaulé par un contrefort quadrangulaire de 1 x 1,50 m, qui constituait la fortification. Sa fondation est à degrés ; deux pour le mur et vraisemblablement trois pour le contrefort. Il est réalisé avec un blocage de fragments de craie et de silex lié au mortier orangé. Son parement intérieur, vertical, est constitué d’une alternance d’assises de parpaings de calcaire de 0,30 m de hauteur et de rangs de moellons de silex gris, ici cinq rangs. Le parement extérieur peut être observé seulement en coupe ; il présente un fruit et associe un rang de parpaings calcaires avec des assises de moellons de silex. Le contrefort a été arasé jusqu’à sa fondation, que nous avons dégagée sous le niveau de circulation de la tour. Quant au mur originel, il est entaillé pour permettre l’aménagement du talon de la tour de plan semi-circulaire (6 m de diamètre), qui vient remplacer le contrefort. Cette tour n’est pas conservée au-delà de sa salle basse. Elle comprenait trois archères battant le fossé ; l’ébrasement est simple, de plan triangulaire et sans niche ; la fente de tir est étroite, sans allège et à plongée. Les dimensions relevées sont de 1,30 à l’ouverture, 1,70 m de profondeur et 0,60 m pour la hauteur de plongée. L’aménagement de la tour a induit un épaississement de la courtine de plus d’un mètre d’épaisseur. Cet ajout de maçonnerie est parementé en glacis (± 30 % de débord) au moyen d’assise de parpaings de 0,20 à 0,30 m de hauteur et d’une longueur comprise entre 0,40 et 0,80 m. La roche utilisée est bien connue sur le site : c’est un calcaire de provenance locale appelé « goupillière ». Le blocage est lié au mortier jaune pâle. Ces caractéristiques techniques sont les mêmes que celles de la tour proprement dite. Les seules différences concernent les parpaings du parement interne, qui sont plus petits (0,20 m de haut et 0,20 à 0,35 m de longueur) et le fruit du parement externe qui est moins marqué (± 20 %).

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     Dans l’angle sud-ouest de la tour, la cage d’un escalier à vis desservant la salle basse a été reconnue. Après une marche palière, les degrés en colimaçon se succèdent autour d’un noyau formé d’une colonne à base polygonale et fût cylindrique. La valeur moyenne des quatre marches conservées est de 0,25 m. Cet escalier montre que le sol à l’intérieur de la fortification (sans-doute un simple niveau de terre battue ou de plâtras) était nettement plus élevé que celui de la salle basse. La largeur de la courtine (3,40 m) est inférieure à la valeur de 4,90 m citée par les contemporains. Les terrassements destinés à dégager le parement externe de la tour et du tronçon de courtine ont été poursuivis dans divers remblais de démolition. À une profondeur inférieure de 1,50 m à l’altitude du sol de la salle basse, nous avons rencontré des éléments de parements et quelques pans entiers de maçonnerie. Le plus important d’entre eux, d’un poids dépassant deux ou trois tonnes, présentait un tronçon de piédroit de cheminée et une partie de son contre chœur de briques fines. Nous n’avons pu poursuivre les terrassements pour atteindre la contrescarpe mais, la nappe phréatique étant apparue très rapidement, il est vraisemblable que, à cet endroit, le fossé devait être mis en eau.

     

    Ci-dessus, les vestiges d’une tour et d’un tronçon de courtine Cliché : É. Follain (SRA Normandie). https://journals.openedition.org/adlfi/23879

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     Ce sont les événements historiques qui nous fournissent la chronologie de ces vestiges. En effet, aucun mobilier céramique ou numismatique ne vient appuyer la datation des vestiges découverts. Tout au plus aura-t-on recours à la stylistique et aux considérations architecturales, puisque la base de la colonne formant le noyau de l’escalier est manifestement des 14e et début du 15e s. et que les archères ne perdurent pas au-delà du courant du 15e s. Le premier état serait donc attribuable soit aux travaux de Louis d’Harcourt, mais cela ne convient pas en terme de topographie (ce dernier s’étant concentré autour de l’abbatiale et du cloître en les barricadant au milieu du 14e s.), soit à ceux de Guillaume d’Harenc. Le second état, plus ambitieux, serait alors du fait de Guillaume d’Auvillars qui aurait ainsi ajouté des tours. Le bloc de maçonnerie, arraché à la paroi de la tour et incluant un élément de cheminée, atteste de la violence des destructions de la fortification. La sape, visible au contact des parements de la courtine et de la tour, est également un témoin de cette démolition. On se souviendra que les Anglais ont systématiquement et rapidement abattu l’enceinte et ses tours à l’issue du siège français avorté de 1421. Pour une fois, l’histoire et l’archéologie concordent dans les moindres détails. » [1]

     

    Ci-dessus : à gauche, une vue aérienne extraite du site Géoportail ; à droite, plan extrait du cadastre napoléonien de 1827, Archives de l'Eure, https://archives.eure.fr/

     

    La tour Saint-Nicolas, une tour photogénique...

     

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    Ci-dessus, la tour Saint-Nicolas (ancien beffroi ou clocher de l’abbatiale abattue à partir de 1810) " Sa construction par Geoffroy d’Epaignes, 30e abbé du Bec, commence en 1467 alors que l’abbaye se relève lentement des ravages de la guerre de Cent Ans. Elle renferme alors les quatre cloches de 12 tonnes qui furent descendues et brisées en 1791. C’est une tour carrée, de 11 m de côté et de 60 m de hauteur, de style anglo-normand. Elle était surmontée d’une flèche de 15 m de haut avec lanternon abattus en 1810. Elle se termine aujourd’hui par une balustrade entrecoupée de pinacles. On y accède par un escalier en vis d’environ 200 marches. » [3]

     

         En 2009, D. Pitte en sondant le pied du logis du 18e met à jour deux maçonneries sur plus de 2 m de hauteur et signale trois contreforts qui pourraient être le prolongement de la courtine reliant les vestiges de la tour qui sera découverte en 2015 (voir ci-avant).

         Le long du ruisseau du Bec, on trouve ce qui serait la base d’une tour avec plus loin une vingtaine de mètres de muraille en glacis.

         Les murs de la façade sud du logis abbatial médiéval et de sa chapelle sont d’une large épaisseur. Ils sont percés de deux baies de plan triangulaire. La fonction de la partie arrière de la chapelle pourrait être celle d’une tour de défense.

         Au pied de la pente orientale dominant l’abbatiale se trouvait la Grosse tour ou « donjon » en forme de croissant et réputée pour sa hauteur. Elle mesurait une dizaine de mètres de diamètre. Des archères destinées à battre les fossés ont été découvertes à la suite de fouilles dans le sous-sol.

         On pense que la tour Saint-Nicolas aurait pu être bâtie sur un ouvrage de flanquement antérieur à la tour ce que révèlent un ensemble complexe de glacis à la base des faces nord et est de l’édifice. [NdB]

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     La tour Saint-Nicolas, érigée de 1467 à 1476, présente les traces d’arrachement des deux murs d’enceinte qui la liaient à l’ancien logis abbatial et au transept de l’église. Deux sondages en ont fourni le tracé et l’épaisseur. L’un d’eux a révélé l’appareillage composite et taluté du soubassement du mur érigé dans le prolongement du gouttereau nord-ouest du logis (pierres de taille et silex équarris), témoin vraisemblable de la présence d’un fossé périphérique. » [4]

     

    LES REMPARTS DU BEC-HELLOUIN (Eure)     Les 15 tours, les dizaines de mètres de courtines et la grosse tour-donjon qui défendaient l’abbaye du Bec-Hellouin marque la démesure de ses fortifications aujourd’hui entièrement disparues. Au début du 14e siècle, les efforts des abbés pour protéger les lieux appauvrirent leur abbaye mais les prises successives attestent de la vacuité de leurs efforts… et, en 1421, la démolition de l’enceinte est ordonnée par Henry V d’Angleterre. [NdB, d’après la revue Patrimoine Normand n° 98 et 117]

     

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    A proximité : l'église Saint-André du Bec-Hellouin

     

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    « L'église fut érigée au 11e siècle. Elle dépendait autrefois de l'abbaye Notre-Dame-du-Bec (…) Le cœur de l'église a été remanié au 14e siècle. L'église abrite bon nombre d'œuvres… » [5]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de Le Bec-Hellouin – L’Abbaye : logis abbatial Surveillance de travaux (2015) Responsable d’opération : Éric Follain https://journals.openedition.org/adlfi/23879

    [2] Extrait de L'abbaye du Bec-Hellouin par Jean de La Varende - FeniXX - 98 pages https://books.google.fr/books?id=dWeJDwAAQBAJ&pg=PT35&lpg=PT35&dq=Le+bec+hellouin+enceinte+tour+courtine&source=bl&ots=xf_IcwEReO&sig=ACfU3U1ZjLJQRu-cNTyMjUJsq0CiI3sXZQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjQ77_14vHwAhVxA2MBHUKUDg8Q6AEwFXoECAcQAw#v=onepage&q&f=false

    [3] Extrait de https://dico-du-patrimoine.fr/abbaye-du-bec-hellouin-dherluin-1034-a-dom-grammont-1948-ou-lincroyable-histoire-dune-des-plus-belles-abbayes-normandes/

    [4] Extrait de https://journals.openedition.org/adlfi/23877

    [5] Extrait de https://www.seevisit.fr/bec-hellouin-eglise-saint-andre

     

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    Bonnes pages :

     

    O https://dico-du-patrimoine.fr/abbaye-du-bec-hellouin-dherluin-1034-a-dom-grammont-1948-ou-lincroyable-histoire-dune-des-plus-belles-abbayes-normandes/

    O L'abbaye du Bec-Hellouin par Jean de La Varende - FeniXX - 98 pages https://books.google.fr/books?id=dWeJDwAAQBAJ&pg=PT35&lpg=PT35&dq=Le+bec+hellouin+enceinte+tour+courtine&source=bl&ots=xf_IcwEReO&sig=ACfU3U1ZjLJQRu-cNTyMjUJsq0CiI3sXZQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjQ77_14vHwAhVxA2MBHUKUDg8Q6AEwFXoECAcQAw#v=onepage&q&f=false 

     

     

     

     

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