• LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)

     LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados) LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados) LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     « A une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Lisieux le château de La Roque-Baignard est situé dans la plus verte vallée du pays d'Auge. Au pied de la croupe où les pelouses, les arbres et les cascades tempèrent la solennité du logis abbatial du Val-Richer, il offre la grâce d'une miniature. Une poterne élégante, au bout d'un ponceau, en ouvre l'accès. Des douves, sur le tain desquelles se mire un colombier trapu, l'entourent et, avec lui, dans cette île de Lilipput, une vieille maison, vers le couchant. » [1]

     Ci-dessus, une photo extraite de http://www.lesamisdelaigle.com/?p=743

     

         Le château de La Roque-Baignard des  16e et 19e siècles, dans le Calvados, a appartenu à l'écrivain André Gide, qui a été maire de la Roque-Baignard de 1896 à 1900. [NdB]

     

         « Il sautait aux yeux que le corps de logis principal était de construction bien plus récente, sans autre attrait que le manteau de glycine qui le vêtait. Le bâtiment de la cuisine, par contre, et la poterne, de proportions menues, mais exquises, présentaient une agréable alternance de briques et de chaînes de pierre, selon le style de ce temps. Des douves entouraient l'ensemble. » Extrait de Si le grain ne meurt. 

         C'est ce que Gide se remémorait en 1900, au moment de quitter, à regret, et vendre La Roque. Et d'évoquer avec émotion : « Au chant de la cascade se mêlaient les chuchotis de la rivière et le murmure continu d'une petite source. Un peuple d'hirondelles sans cesse tournoyait autour de la maison. Quand je pense à La Roque, c'est d'abord leurs cris que j'entends. » [2]

     

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     Ci-dessus : photos extraites de http://www.lesamisdelaigle.com/?p=743

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)   LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)

     

     Plan de situation du château de la Roque-Baignard ; blason de la famille Labbey de la Roque, d’argent au sautoir de sinople, par Gilloudifs.

     

    Historique

     

         « Le nom de la localité est attesté sous la forme Roqua Baignardi au 16e siècle.

         Ce toponyme est issu de l'oïl roque « roche, château-fort » et de l'anthroponyme Bagnard, qui a pour origine l'anthroponyme germanique Bagnerus. » [3]

     

    Arcisse de Caumont, 1862 :

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     « Les Rôles de l'Echiquier de 1180 nous ont conservé les noms de Gervasius de Roca et Johannes de Rocha.

         Robert de La Roque donna, en 1246, le patronage de la paroisse de La Roque à l'évêque de Lisieux qui en a toujours joui depuis (Notes manuscrites de M. Vasseur.)

         Lachesnaye-Desbois a consacré un article de son Dictionnaire à la généalogie de la famille Labbey.

         Elle commence à Colin Labbey, qui fut écuyer du connétable Duguesclin. Il épousa Isabelle de Victot, fille de Jean de Victot. Leur petit-fils, Étienne, forma la branche de La Boissière et La Roque ; mais c'est seulement son troisième descendant qui devint seigneur de La Roque, par son mariage avec Catherine Baignard, l'héritière d'une famille qui posséda cette terre assez longtemps pour lui laisser son nom.

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)    François Labbey fit bâtir, en 1577, le château de la Roque-Baignard.  Huit ans après, il épousa Anne de Trihan, fille du seigneur de Bourgeauville. Il en eut quatre enfants.

         Le second, nommé Jean, succéda à son père. De son mariage avec Élisabeth de Cordouan de Montbrey, descendante des seigneurs de Langey au Maine, il eut entre autres enfants un fils, nommé François, qui ne laissa qu'une fille que l'on maria à Charles de Vauborel, comte de Lapanti. Cette fille, comme seule et unique représentante de la branche aînée, avait porté la terre de la Roque dans une nouvelle famille. Mais Pierre Labbé, son oncle, deuxième fils de Jean, usa du droit de retrait lignager que lui donnait la Coutume de Normandie, et rentra en possession de la terre de la Roque. Ses descendants firent alliance avec les seigneurs du Torquesne de Seauville, du Mesnil-Simon et de Saint-Martin-des-Chesnets.

         Une chose surprend, c'est de ne pas voir figurer dans cette généalogie, avec les honneurs qui lui conviennent, l'auteur de l'Histoire de la maison d'Harcourt, Gilles-André de La Roque, qui a certainement droit à la reconnaissance de tous ceux qui s'occupent de l'histoire des fiefs et de la noblesse de Normandie, sans parler de ceux dont il allongeait avec amour la liste des ancêtres.

         On a vu, dans les inscriptions citées plus haut, figurer le nom de Pierre-Élie-Marie Labbey de La Roque. Il est l'auteur de deux publications importantes au point de vue des études généalogiques : Recherche de Montfaut , et la Recherche des Élus de Lisieux en 1540. Ces deux volumes, imprimés à Caen chez Poisson au commencement de ce siècle, sont devenus fort rares.

         M. de La Roque (Pierre-Élie-Marie), chevalier de Saint-Louis avait fait partie de la Chambre des députés de 1815 ; il était membre de la Société des Antiquaires de Normandie ; son fils aîné, M. Félix de La Roque, mort sans enfants, est celui qui a fait bâtir la chapelle dont nous avons parlé.

            La terre de la Roque, rachetée par M. le vicomte Léopold de La Roque, ancien officier de cavalerie, chevalier de la Légion-d'Honneur, dont nous avons indiqué l'inscription tumulaire, a été vendue après sa mort à M. Rondeaux Pouchet, de Rouen. » [4]

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     « Le 28 octobre 1851, Edouard Rondeaux acheta, pour 312.000 francs, le château, six fermes à l'entour totalisant 240 hectares et 150 hectares de bois. On sait que l'arrondissement de sa fortune avait déjà permis à Edouard Rondeaux d'acquérir entre autres biens fonciers l'hôtel de la rue de Crosne à Rouen et le château de Cuverville. En 1873 à la mort de Mme Edouard Rondeaux, veuve depuis treize ans, son fils Emile, le père de Madeleine, hérita de Cuverville ; sa fille Juliette, la mère d'André, hérita de La Roque-Baignard. Au décès d'Emile Rondeaux, en 1890, Cuverville revenait à Madeleine, alors âgée de 23 ans. En 1895, au décès de Juliette Rondeaux, veuve de Paul Gide depuis 1880, La Roque-Baignard revenait à André, âgé alors de 26 ans. » [1] 

     

    André Gide à la Roque-Baignard

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     « C'est le grand-père de l'auteur qui avait acheté ce domaine (240 ha repartis en 8 fermes et 150 ha de bois) en 1851. » [6]

     

         « André Gide, prix Nobel de littérature 1947, a été maire de cette commune de 1896 à 1900. Il possédait par héritage le château (vendu en 1900) ainsi que des terres, cédées en 1909 à l'écrivain Charles Mérouvel. » [3]

     

         « Le château de La Roque-Baignard, situé près de Cambremer dans le Calvados, représente bien le confort qui entoure la jeunesse de l’écrivain : 425 hectares de prairies et de forêts, des bâtiments de briques et de pierres, un étang dont les truites mordent à l’hameçon du jeune André, plusieurs fermes. (...)

         La mère de l’écrivain a hérité cette propriété de ses propres parents en 1874. » [5] 

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     « La Roque-Baignard, non loin de Lisieux, n'a jamais cessé d'être une part importante de la vie d'André Gide (1869-1951). Son paysage est même entré dans son oeuvre, comme un témoin permanent des histoires qu'il posait sur le papier. Il y a conduit son Michel de « L'Immoraliste » et y a situé « Isabelle » dans ses tout proches alentours. Par lui, ce coin de pays d'Auge est devenu un site littéraire.

         De ses tendres années jusqu'à ses 30 ans, André Gide a souvent séjourné à La Roque. Son « Journal » en parle un peu : « On plongeait aussitôt dans un tel mystère que d'abord en franchissant la barrière, le coeur me battait un peu. » Des prés, des bois, quelques fermes... » [6]

     

    Ci-dessus, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

         « Chaque été, cousins et cousines y affluent, en particulier celles que Gide appelle ses trois soeurs (il est fils unique) : Madeleine, Jeanne et Valentine. La Roque sera plus tard pour lui aussi bien un lieu d’écriture que de lectures. Là, il poursuit des investigations littéraires commencées avec les lectures du soir que lui faisait son père, trop tôt décédé. Il dévore les oeuvres des habitants de la bibliothèque du château : Schopenhauer, Poe, Dickens, Laforgue, Tolstoï, Tourgueniev, Sand, Voltaire, Goethe, Balzac,… » [5] 

     

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    À la recherche d'Isabelle

     

         « A La Roque, il achève l’été 1891 le Traité du Narcisse. L’été suivant, il y travaille au Voyage d’Urien et, l’été 1893, à La tentative amoureuse. Les étés au château sont également (jusqu’à 1895) le lieu des rencontres-séparations avec Madeleine, qu’il épouse en 1895 et dont La porte étroite rend compte. La Roque-Baignard est longuement évoqué dans le chapitre III de la première partie de Si le grain ne meurt. (...)

         En 1896, à sa grande surprise, il est élu maire de La Roque par 28 voix sur 36 votants - et le restera jusqu’en 1900 ! » [5] 

     

         « Dans la succession des étés en pays d'Auge, de grand garçon, André Gide devient un homme. Étant à quelques roues de carrosse du château du Val-Richer, les visites entre voisins sont fréquentes. « La musique était avec les charades, l'un des divertissements de la maison », raconte Jean Schlumberger dans ses souvenirs. On comptait parmi les auditrices et même les exécutants de ces concerts familiaux, Louise, « une jeune voisine au teint mat et aux yeux de braise, que nous retrouverons bientôt, sous les traits d'Isabelle ».

         De cette histoire passionnelle à la fin tragiquement romantique et inspirée de faits et de personnes ayants existé, Gide écrira en 1948, qu' « en dehors des faits précis consignés avec certitude (sic), tous ceux que j'ai relatés dans « Isabelle » sont, de part en part, inventés et ne prennent appui sur aucune réalité historique, en dépit de cette réputation que l'on m'a faite de manquer complètement d'imagination ! » [6]

     

         « En 1900, il cède le château dont l’entretien est trop coûteux. Le produit de la vente lui permet d’acquérir un terrain 38 avenue des Sycomores à Paris, où il fera bâtir la villa Montmorency.

         En 1909, il vend le reste des terres de la propriété. (...)

         André Gide est enterré derrière l’église de Cuverville, à cinquante kilomètres à vol d’oiseau de La Roque-Baignard. » [5] 

     

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    Description

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     « Cette maison, la poterne et le colombier sont les seuls vestiges du manoir construit en 1577 par François Labbey de la Roque et ruiné en 1792 par des révolutionnaires. Pierre Labbey en 1803 réédifia le corps d'habitation principal. » [1]

     

    Une photo extraite de https://www.ouest-france.fr/normandie/la-roque-baignard-14340/le-paradis-perdu-dandre-gide-la-roque-baignard-99075 

     

    Arcisse de Caumont, 1862 :

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     « Le château de La Roque se trouve sur la gauche de la route de La Boissière à Bonnebosq.

         La cour qui précède le château est entourée de bâtiments d'exploitation au milieu desquels s'élève une chapelle moderne, surmontée d'une double coupole d’un effet peu gracieux. Cette chapelle, d'ordre ionique, a été construite en 1830 et consacrée en 1833. Les slatues en pierre qui ornaient les niches, à l'intérieur et à l'extérieur , étaient fort belles.

         A l'entrée de la cour est un beau colombier dont le toit était couronné d'un épi en terre cuite émaillée.

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     L'enceinte du château a la forme d'un polygone irrégulier. Elle est entourée de fossés très-profonds dont les bords sont maintenus, du côté du château, par des murs en pierre avec parapet construit en briques plates : des tourelles en pierre sont placées aux angles. La porte qui donne entrée dans la cour d'honneur présente des rainures, qui étaient destinées à recevoir les chaînes d'un pont-levis. Sur la face de cette porte placée du côté de la cour, est gravée sur une plaque de marbre noir l'inscription suivante :

    CONDIDIT A. 1577 NOB, DOM, FRANCISCUS LABBEY DE ROQUA MAGNAM PARTEM DESTRUXIT A. 1792 SCELESTE TUMULTUANTIUM TURBA.

    REFECIT A. 1803 CONDITORIS AT NEPOS

    NOBILIS DOMINUS PETRUS ELIAS MARIA LABBEY DE ROQUA, MILES

           Sur la face antérieure, qui regarde la première cour, est représenté un écusson surmonté d'un casque à lambrequins, écartelé au 1er. à une fasce chargée de 3 fers à cheval, accompagnée de 3 étoiles, 1 et 2 ; au 2e un chevron ; au 3e 3 merlettes ; au 4e, une fasce. Sur le tout un sautoir qui est Labbey. Supports : deux lévriers.

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1811, Archives du Calvados, https://archives.calvados.fr/

     

    LES REMPARTS DE LA ROQUE-BAIGNARD (Calvados)     La maison de maître, située en face la porte, a été modernisée. Elle porte l'écusson de La Roque.

         Au couchant est un bâtiment assez considérable dont une partie est actuellement à usage de cuisine. On y voit des blasons chargés d'alliances de la famille Labbey de La Roque : écartelé au 1er. chargé de 3 merlettes, au 2e de.... au chef chargé de 3 fers à cheval ; au 3e une fasce ; au 4e trois besants et sur le tout le sautoir de Labbey. » [4]

     

    Ci-dessus, château de la Roque à La Roque-Baignard : colombier percé de fenêtres par Marcel Maillard, (1899-1977), photographe et ancien possesseur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105873182.r=%22ch%C3%A2teau%20de%20la%20Roque%20%C3%A0%20la%20Roque-Baignard%22?rk=42918;4

     

    Protection

     

         « Château et sa poterne d'entrée : inscription par arrêté du 14 mars 1944. » [7]

         Le château est propriété privée et ne s’ouvre que pour des occasions exceptionnelles. [NdB]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait du Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen : André Gide à La Roque-Baignard par R.G. Nobécourt - Éditeur (Rouen) 1970 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9735797m/f125.item.r=%22La%20Roque%20Baignard%22

    [2] Extrait de https://bibliobs.nouvelobs.com/guides/20080715.BIB1606/balade-en-calvados-avec-andre-gide.html

    [3] Extrait de Wikipédia

    [4] Extrait de la Statistique monumentale du Calvados, Volume 4 par Arcisse de Caumont - F. Le Blanc-Hardel, 1862 https://books.google.fr/books?id=e8kDAAAAYAAJ&pg=PA168&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

    [5] Extrait de http://www.terresdecrivains.com/Andre-GIDE,83

    [6] Extrait de https://www.ouest-france.fr/normandie/la-roque-baignard-14340/le-paradis-perdu-dandre-gide-la-roque-baignard-99075

    [7] extrait de https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00111637

     

    Bonnes pages :

     

    O http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=11431

    O https://bibliobs.nouvelobs.com/guides/20080715.BIB1606/balade-en-calvados-avec-andre-gide.html

    O https://www.paperblog.fr/8106234/andre-gide-a-la-roque-baignard/

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9735797m/f125.item.r=%22La%20Roque%20Baignard%22

    O https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5424948p/f119.image.r=%22La%20Roque%20Baignard%22?rk=1072966;4

    O http://e-gide.blogspot.com/2016/06/andre-gide-la-roque-baignard.html

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