• LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche) LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche) LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)

     

    Ci-dessus, à droite, le manoir de Brion par ASTONMARTIN55 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=74948496p

     

            « Bourg très ancien, Dragey est une commune côtière de la baie du Mont-Saint-Michel, située à 13 km d'Avranches et à 18 km de Granville. (…) À partir du 18e siècle, des habitants ont émigré vers Saint-Pierre et Miquelon pour la pêche à la morue avec les terre-neuvas qui partaient des ports de Granville, de Saint-Malo ou de Cancale. Depuis le Moyen Âge, le Mont-Saint-Michel était un grand site de pèlerinage avec Rome, Jérusalem, Saint-Jacques de Compostelle. Aujourd'hui, Dragey a gardé son caractère rural. (…) Pays d'élevage, il abrite fermes laitière et écuries de chevaux de course de galop, qui s'entraînent sur un centre d'entraînement d'une haute technicité ouvert en 2014. » [1]

     

         On trouve sur le territoire de Dragey-Ronthon le manoir de Potrel et le manoir de Brion.

     

    Le manoir de Potrel

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     Ce manoir, construit dans le troisième quart du 17e siècle, possède une poterne flanquée de deux tours. A l'intérieur, dans la grande salle du logis, se trouve une cheminée monumentale, des boiseries et un plafond à poutres peintes. [NdB]

     

         « Le monument est situé dans le département français de la Manche, à 500 mètres à l'ouest du bourg de Dragey. » [2] 

     

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    Ci-dessus, à gauche, le plafond du manoir de Potrel extrait de https://societearcheologieavranchin.files.wordpress.com/2013/10/img_9564.jpg ; à droite, une photo du manoir de Potrel extrait de https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Manoir_de_Potrel?uselang=fr

     

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    Plan de situation du manoir de Potrel sur la commune de Dragey : blason de la famille de Carteret par Ethyn Maki — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=37226453

     

         « De la ferme fortifiée du 15e siècle, il demeure l'entrée de la cour gardée par deux tourelles percées de meurtrières, et un colombier orthogonal. Le manoir possède une salle d'honneur, au premier étage, ornée d'un ensemble de boiseries et poutres peintes du 3e quart du 17e siècle [ Pierre Leberruyer, La Manche: L'Avranchin et le Mortainais, 1968 ].

     

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    Ci-dessus, le manoir de Potrel peint au 17e siècle  par Jan Griffier. C’est un tableau identifié de Jan Griffier le Vieux, né en 1645, qui se trouve dans une galerie en Angleterre. — bridgeman berlin, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11446009

     

         Au 17e siècle, il est acheté lors de son exil en France par George de Carteret (1609-1679), bailli de Jersey, vice-amiral de la Royal Navy et fondateur de la Caroline du Nord, l'un des huit lords propriétaires de Caroline et du New Jersey. » [3]  

     

         A propos de George de Carteret, voir ici. 

     

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    Ci-dessus : à gauche, plan extrait du cadastre napoléonien de 1828, Archives de la Manche https://www.archives-manche.fr/ ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Protection

     

         « Les cheminées, les boiseries et le plafond de la salle d'honneur du manoir sont inscrits au titre des Monuments historiques depuis le 27 novembre 1933. Le manoir avec l'ensemble de ses décors intérieurs : l'escalier, les portes,les cheminées, la charpente - à l'exclusion des éléments déjà protégés -, les façades et les toitures des deux tourelles d'entrée et du bâtiment octogonal contigu sont inscrits depuis le 31 octobre 1990. » [2]

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    Le manoir de Brion

    aussi appelé le château de Brion 

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « L'abbaye du Mont Saint-Michel. Possédait sur les rives de la baie, en Normandie et en Bretagne, de très vastes domaines. Dix prieurés y furent fondés entre le 11e et le 13e siècle. Entre tous, le prieuré de Brion, qui fait l'objet de cette étude, eut des destinées particulières, dues surtout au charme du site choisi par le fondateur. » [9]

         " Situé aux confins des communes de Dragey et Genêts (commune de Dragey-Ronthon), le manoir de Brion était, primitivement, un simple prieuré bénédictin, dépendant de l'abbaye du Mont-Saint-Michel…. » [4] 

     

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    Plan de situation du manoir de Brion sur la commune de Dragey ; blason de la famille de Lamps par Gilloudifs.

     

         « Il est construit en 1137 à l'initiative de l'abbé Bernard le Vénérable, sur une terre appartenant à l'abbaye du Mont-Saint-Michel pour servir de lieu de recueillement à ses prêtres. » [5] 

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « L'abbé Bernard, l'un des zélés et pieux abbés du 12e siècle, qui donnèrent au Mont Saint-Michel un si beau renom de sainteté et une si grande prospérité matérielle, fut le créateur de Brion.
          Il voulait faire, du nouveau prieuré construit à proximité du Mont, au milieu des plus belles prairies de la baronnie de Genets, un lieu de repos, et de recueillement. Sous la conduite de leur abbé, quelques religieux allaient de temps en temps se récréer honnêtement et se recueillir ce parmi les ombres solitaires d'un beau bois qui est tout proche du logis, un religieux, pour mieux servir Dieu, ayant besoin de quelques honnêtes divertissements et récréations, et l'esprit ne pouvant être toujours bandé à la spiritualité (1137) (Thomas Le Roy. Les curieuses recherches de l'abbaye du Mont Saint-Michel ; publiées par M. E. de Beaurepaire. Caen, 1878, 2 vol. in-8.) » [9] 

     

         « Le prioré de Brion, près de Genests, est basty et fondé soubs Bernard, 13e abbé de ce Mont.


          Nostre Bernard, bon abbé ayant fait bastir l'église de Tombelaine et quelques bastiments auprès pour faire la retraite de trois moynes solitaires, où de temps en temps les moynes de ce Mont alloient faire leurs exercices et se recueillir pour par après venir travailler plus fervemment en la communaulté de leurs autres confrères il jugea que ce lieu ne suffisoit pas pour un si grand nombre de moynes qu'il avoit dans son monastère qu'il luy en falloit un autre et plus grand pour y pouvoir tenir davantage de moynes en solitude successivement les uns aux autres, comme aussy (ce lieu du Mont estant fort estroict et reserré) un
    religieux, pour mieux servir Dieu, ayant besoin de quelques honnestes divertissements et récréations, l'esprit ne se pouvant toujours estre bandé à la spiritualité, il fit bastir le prioré de Brion près le bourg de Genests, environ distant de ce Mont de cinq quards de lieue. Là il fit faire quantité de beaux bastiments avec une gentille esglise, propre le tout à servir et garder la régularité. Là il alloit souvent avec un nombre de ses moynes pour se recueillir, passant le temps en prières et méditations parmi les ombres solitaires d'un beau bois qui est tout proche le logis. Il y alloit aussi, en d'autres temps, avec une partye de ses moynes pour se récréer et divertir l'esprit pour mieux s'adonner tous à la pratique de la vertu par après. Ce prioré a esté uny par bulle du Pape à la manse abbatiale. A présent, on appelle ce lieu le Manoir de Brion où demeurent habituellement les fermiers de la baronnie de Genests. Tiré cecy des manuscrits de ce Mont et l'ay mis ici le il" jour du mois de janvier, l'an de Notre-Seigneur 1647. » [6]
     

     

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         « En 1166, l'abbé Robert de Thorigny fait confirmer par charte la propriété des lieux à l'abbaye.

         Le manoir n'est plus qu'un lieu de retraite pour les vieux moines de l'abbaye. On y fabrique aussi un vin dont la réputation est flatteuse dans toute la région. » [5]

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « Mais le prieuré ne subsista pas longtemps. Dès le 14e siècle, Brion, tombé, comme les autres fondations de l'abbaye, dans une complète décadence, ne répondait plus à la pensée de son pieux fondateur.
          Abandonnés à eux-mêmes, au milieu des campagnes désolées par la guerre, les moines des prieurés menaient une vie presque indépendante ; l'abbé ne pouvait leur adresser que des remontrances, la plupart du temps sans effet ; les archives de l'abbaye en renferment de nombreux témoignages (Voyez notamment le manuscrit des Archives de la Manche, H. 15,134 te,..). Le prieur de Saint-Broladre laisse tomber en ruines le manoir prioral ; le prieur de Villamée, voulant jouir seul des revenus de la communauté ; refuse d'admettre le confrère que son supérieur lui envoie ; le prieur de Brion est accusé d'homicide ; un autre est en fuite ; le chapitre de l'abbaye le déclare vagabond et l'excommunie. L'abbé Pierre Le Roy, le prince des abbés de ce temps, qui devint conseiller de Charles VI et référendaire du pape Alexandre V, voulant couper le mal par la racine, supprima cinq de ces prieurés de campagne et réunit leurs revenus à ceux de l'abbaye - (1387). Brion, qui fut du nombre, - devait connaître cependant - quelques années de prospérité sous les règnes, paisibles à l'intérieur, de Charles VIII et de Louis XII. La faveur de Louis XI avait confié le gouvernement du Mont à Ymbert de Batarnay, comte du Bouchage. » [9] 

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « Après avoir servi de maison de repos aux moines âgés et de résidence du père abbé, le prieuré fut supprimé par l'ordonnance du roi Charles VI, en l'an 1387, à la demande de Mgr Laurent de Faye, évêque d'Avranches, et érigé, ainsi que les terres y attenant en fief seigneurial, relevant de la couronne.

         Le logis de Brion ne servit plus désormais que de résidence de plaisance des pères abbés et de relais de la cour de France, et aux grands personnages du royaume venant en pèlerinage au Mont-Saint-Michel.

         Le roi Charles VI y logea, avec sa suite, lors de sa venue au Mont, en 1393.

         Le 26 août 1462, le roi de France, Louis XI, logea également à Brion, en compagnie de son frère Charles, duc de Berry, et de Gaston de Foix, son beau-frère.

         En l'an 1509, l'abbé Guillaume de Lamps, prieur de l'abbaye, fit commencer la construction du corps de logis principal ; celle-ci ne fut terminée qu'en 1526, par les soins de Jean Le Veneur, évêque de Lisieux, abbé du Mont-Saint-Michel, qui fit parachever les bâtiments dans le style Renaissance. » [4]

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     Des abbés commendataires du Mont « montrèrent un vif souci des intérêts du Mont Saint-Michel et méritèrent ainsi l'indulgence des historiens de l'abbaye. C'est dans cette seconde catégorie qu'il faut ranger les constructeurs du manoir de Brion, les deux frères Guillaume et Jean de Lamps, qui gouvernèrent l'abbaye, le premier de 1499 à 1510, le second de 1513 à 1523.
         Pendant qu'Ymbert de Batarnay et son frère, le sieur de Vaugrix, faisaient réparer ou reconstruire les murailles de la ville, fort endommagées au cours de la guerre de Cent ans, les abbés de Lamps achevaient le « grand œuvre des Bénédictins », la merveilleuse abside de l'église abbatiale. Le zèle que les deux frères mirent à embellir leur monastère a beaucoup frappé les chroniqueurs. Dom Louis de Camps, le virulent continuateur de Dom Huynes, s'écrie, après les avoir comparés à leurs cousins les abbés Laure de Vessilly : « André et Guérin Laure flestrirent leur nom par une vie fénéante et séculière ; ne s'estant rendus recommandables, ny par leurs mérites personnels, ny par aucun service à l'advantage de cette abbaye ; au contraire, leurs cousins Guillaume et Jean de Lamps ont esclairé comme des lampes lumineuses, en leur vie, par l'odeur de leur honnesteté et ont rendu leur mémoire à jamais esclatante, par l'objet journalier de leurs entreprises héroïques. »
          Les temps étaient devenus bien mauvais pour la vie monastique, et la piété des deux frères contraste étrangement avec les mœurs relâchées qui régnaient au Mont Saint-Michel.
          Le nombre des moines était tombé à vingt-deux.
          Les parents du gouverneur se réservaient les charges lucratives : André Laure était chantre, archidiacre du Mont et prieur de Pontorson ; son frère était prieur de Saint-Germain-sur-Ay et de Saint-Broladre et aumônier du monastère, « par où appert qu'il ne fault pas s'estonner du petit nombre des religieux de ce temps-là, puisque à la façon de leur abbé, un possedoit de quoi en nourrir et entretenir douze » (Thomas Le Roy. Les curieuses recherches de l'abbaye du Mont Saint-Michel ; publiées par M. E. de Beaurepaire. Caen, 1878, 2 vol. in-8°. ).     

         Guillaume et Jean de Lamps ne suivirent pas ces déplorables exemples.
          Nous n'avons pas à nous occuper ici de tout ce que les deux frères firent pour l'embellissement de leur monastère. Disons seulement que ce ne fut qu'après avoir assuré l'achèvement de l'église, et reconstruit le manoir abbatial, qu'en 1509, Guillaume de Lamps entreprit la construction de deux maisons de campagne : l'une, Loysellière, s'élevait au milieu des douze mille vergées de terre de la baronnie de Saint-Pair ; l'autre, construite près de Genets, remplaça le prieuré de Brion de l'abbé Bernard. Le manoir devait être presque achevé à la mort de Guillaume de Lamps ; son successeur, Guérin Laure, l'habita quelquefois : « Il y prenait ses ébattements ib., dit Dom Huynes.
    La mort l'y surprit, le 17 février 1513. Jean de Lamps, le dernier abbé régulier, termina les constructions entreprises par son frère. [9]

     

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    Sur Guillaume de Lamps voir ici.

    Sur Jean de lamps, voir ici.

     

         " Construction et augmentation des bastiments de Brion et de Loyselière, par l'abbé Guillaume de Lamps, l'an 1509.


         L'an 1509, au mesme temps que dessus, led. Abbé Guillaume de Lamps fit parfaire un beau grand corps de logis au manoir de Brion, deppendant de la baronnie de Genests. Item au manoir de Loyselière il ifit faire quantité de .beaux logements qui s'y voient encore aujourd'huy, et des aqueducs et estangs pour .recepvoir l'eau. Ce manoir contient 12,000 vergées de terre on environ, un des plus beaux de tous ceux qui deppendent de cette abbaye. Il deppend et est la maison principalle de la baronnie de St-Paer, lesquels tant Brion que Loyselière sont si mal entretenuz depuis la mort de Jan de Lamps, frère de Guillaume et dernier abbé-moyne de ce monastère, qui y fit encore bastir, comme je diré, qu'ils s'en vont tous en ruyne. J'ay extraict le tout des manuscripts et de lad. placque de cuivre le 8 mars 1647. " [6]

     

        « Le manoir devient un lieu d'agrément pour les moines de l'abbaye. » [5]

     

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    Visiteurs royaux : 1. Charles VI, roi de France : détail d'une enluminure du Maître de la Mazarine, extraite des Dialogues de Pierre Salmon, vers 1411-1413, Bibliothèque de Genève, ms. français 165 fo 4. Par attribué à Maître de la Mazarine — De Vecchi-Cerchiari, I tempi dell'arte, volume 2, Bompiani, Milano 1999., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6343001 ; 2. Portrait de Louis XI, huile sur toile attribuée à Jacob de Littemont (vers 1469) par Jacob de Littemont — https://www.weissgallery.com/artworks/categories/10/9377-attributed-to-jacob-de-litemont-d.-1475-louis-xi-king-of-france-1423-1483-circa-1469/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=89957023 ; 3. François Ier par Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30275305

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)    « Le roi François Ier, accompagné de son fils le Dauphin, et du cardinal du Prat, légat du Saint-Siège séjourna à Brion, au cours du mois de mai 1532.

        C'est pendant ce séjour du roi à Brion que l'abbé Le Veneur présenta François Ier, le pilote malouin Jacques Cartier, venue dans le but d'obtenir du roi les subsides destinés à l'armement d'n vaisseau en vue d'explorations dans le nord du Nouveau Continent. En souvenir de cet événement, Jacques Cartier donna le nom de Brion à une île dont il fit la découverte dans les parages de Terre Neuve.

        On note enfin, le passage ou le séjour au manoir, de différents dignitaires ou personnages marquants du Royaume :

        - Marie d'Estouteville, duchesse de Bourbon le 17 juin 1576.

        - La duchesse Gaston d'Orléans, belle-sœur du roi Louis XIII, séjourna, avec sa suite, près d'une semaine à Brion.

        - Le cardinal de Lorraine, en 1646.

        - Charles de Broglie, maréchal de France (1719), etc.

        - Le dernier abbé commendataire du Mont-Saint-Michel, ayant résidé à Brion, fut le cardinal de Montmorency, évêque de Metz, grand aumônier de France (1788).

        - Comte Jean de Rolland. » [4]  

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « Brion et Loysellière furent, après sa mort, abandonnés par les commendataires. L'un d'eux cependant fut heureux d'y trouver un asile : le malheureux Arthur de Cossé, évêque de Coutances, bafoué dans sa ville épiscopale par les Calvinistes, maltraité dans son abbaye par le prieur claustral, Jean de Grimouville, passa les dernières années de sa vie à Loysellière ou à Brion. 

         Aux 17e et 18e siècles, Brion, devenu le séjour des fermiers de la baronnie de Genets, était fort mal entretenu : c'était « un nid de hiboux et de chahuants ». Monument du luxe et de la richesse des derniers abbés réguliers, il était, pour Thomas Le Roy, le prétexte de jugements sévères sur les moines qui avaient fait construire ce beau manoir, « plutôt que de rebâtir la vie régulière dans leurs cloîtres ». » [9]

     

         « Après la Révolution, le manoir est vendu aux enchères et devient le siège d'une exploitation agricole. Il connaît plusieurs propriétaires jusqu'à son rachat, en 1900, par M. Iselin, qui le restaure et lui redonne son aspect ancien. » [5]

     

         « Après avoir appartenu à Madame C. Le Clerc, qui l'entretenait avec un soin tout particulier et en faisait les honneurs aux plus modestes archéologues avec une amabilité et une complaisance parfaites, ce beau domaine est devenu la propriété de M. Henry S. Iselin, qui s'est fait un devoir de continuer ces nobles traditions. » [9] 

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « En 1923, le manoir est racheté par Jacques Lemoine (1876-1941), bijoutier joaillier, originaire de Paris et son épouse Renée Worth (1885-1969), petite-fille d'un riche industriel anglais, le couturier Charles Frederick Worth (1825-1895). Jacques et Renée Lemoine sont les grands-parents maternels de l'acteur, chanteur et écrivain Jean-Claude Pascal (1927-1992) qui a grandi au manoir et dans l'environnement d’un parc de 200 ha, de son âge de 18 mois à 8 ans. Jacques Lemoine adore les animaux, surtout les chevaux et le contact avec la nature. Il préfère habiter la campagne plutôt que Paris et pratique la chasse à courre dans la forêt de Saint-Sever (Calvados).

         En 1936, en marge de l'agitation internationale et des menaces allemandes, Jacques Lemoine décide de vendre le manoir de Brion, qui se révèle coûteux à entretenir et ne rapporte plus rien.

         Le manoir appartient ensuite au romancier et historien britannique Vincent Cronin, qui l'a transformé en chambres d'hôtes (ouvert d'avril à octobre), jusqu'à sa mort en 2011. » [5]  

     

         Pour en savoir plus sur Vincent Cronin, voir ici.

     

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    Ci-dessus : à gauche, plan extrait du cadastre napoléonien de 1828, Archives de la Manche https://www.archives-manche.fr/ ; à droite, une photo aérienne extraite du site Géoportail.

     

    Description

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « L'édifice est construit en pierres schisteuses venues des
    carrières voisines. Le granit a été employé pour les portes et les fenêtres du premier étage, et la pierre calcaire pour les fenêtres des combles. C'est un grand corps de logis, à quatre ouvertures, à un seul étage, mais surmonté d'un toit très élevé. Au milieu de la façade, on reconnaît l'emplacement d'une tourelle qui formait avant-corps. Les fenêtres ont conservé les meneaux en croix caractéristiques de cette époque. On reconnaît encore, autour des fenêtres des combles, quelques débris des écussons, des médaillons, des bas-reliefs que Guillaume de Lamps avait fait sculpter. On y voyait probablement ses armes : Parti d'argent et de gueules au lion de l'un dans l'autre, avec la devise que porte encore la famille de Lamps : Le temps j'attends, ou plutôt le pieux dicton que l'abbé s'était choisi : Recours à Dieu. Malheureusement, ces sculptures ont été presque complètement détruites lors de la Révolution : le régisseur de Brion les fit marteler dans la crainte que ces emblèmes n'attirassent l'attention des sans-culottes des bourgs voisins.
          L'autre façade du manoir est d'une construction plus simple, mais une jolie tourelle polygonale lui donne un aspect plus pittoresque. Une des fenêtres des combles, malheureusement murée, a conservé presque intacte son ornementation primitive.
          A l'intérieur, le manoir a été complètement modernisé ; signalons cependant un joli escalier tournant. Des chambres, la vue s'étend sur un paysage très calme : des prairies, des étangs, de grands arbres et, à l'horizon, les collines d'Avranches.
          Au sud, l'habitation était prolongée par un bâtiment moins élevé et à l'extérieur assez insignifiant. Il repose sur des caves aux voûtes en arêtes, faites de pierres plates noyées dans le mortier.
          On voit encore, dans l'une des salles demeurée telle qu'elle était au 16e siècle, une belle cheminée de granit, des sièges de pierre dans l'embrasure des fenêtres et une très jolie niche en forme de trèfle, semblable à une piscine. Dans ce bâtiment, se trouvait la chapelle dédiée à Saint- Laurent, construction fort simple et plus récente que le reste de l'édifice.
          Devant le prieuré, s'étendait une cour murée, remplacée aujourd'hui par une pelouse ; mais l'entrée subsiste toujours : c'est un beau portail du siècle dernier, à deux ouvertures, flanqué, en guise de bornes, de deux canons pris, dit-on, sur un navire anglais.
          Les environs du prieuré n'ont pas beaucoup changé. On retrouve, près du logis, comme au 17e siècle, de délicieux ombrages et des étangs entourés d'arbres séculaires ; les prairies ont conservé la réputation d'une fertilité exceptionnelle et, dans un coin des dunes, on voit encore quelques plants de ces vignes qui, au moyen âge, produisaient le vin de Brion, si souvent mentionné dans les chartes du Mont Saint-Michel, et qui, avec les vins de Créant, en Anjou, et de Bergerac, alimentait les vastes celliers de l'abbaye. » [9]

     

    Ci-dessus, photos extraites de ce même document [9].

     

    A proximité

     

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         O « L'église Saint-Médard (ou Saint-Marc, du nom de son hameau) de Dragey de style roman, construite à partir du 11e siècle, inscrite aux Monuments historiques, dans laquelle on peut voir un vitrail rappelant la tragédie (noyade) du fils du propriétaire d'alors du manoir de Brion, monsieur Isselin avec un de ses amis. Sa tour Saint-Médard servait de point de repère (amer) aux pêcheurs, pèlerins ou navigateurs qui se trouvaient en baie. Elle abrite deux ensembles autel-retable et une chaire (17e), classés à titre d'objets.

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     O L'église Saint-Nicolas de Ronthon (en partie du 12e siècle) avec son haut clocher et son absence de transept. Un ensemble autel-retable-tabernacle-statues-reliquaires ainsi qu'une Vierge à l'Enfant du 13e sont classés à titre d'objets. » [2]

     

    O Saint-Jean-le-Thomas :

     

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         «  En 917, Guillaume « Longue-Épée » fait donation à l'abbaye du Mont-Saint-Michel de la seigneurie, de l'église, du moulin, des vignes et des pêcheries. »

         Dans une charte datée de 1121, on lit que Thomas, seigneur de Saint-Jean, transforme le castel primitif au bord de la falaise en château fort et a des démêlés avec l'abbé qui l'accuse de détruire ses bois. » [2]

     

         « Thomas (…) fait amende honorable, détruit sa forteresse et donne son nom au village. St Jean au bout de la mer devient Saint-Jean-le-Thomas. » [7] 

     

         « Au début du 13e siècle, Philippe Auguste en ordonne la destruction et la confiscation des biens au profit de l'abbaye du Mont-Saint-Michel et de Fouques Paisnel. » [2]

     

         « Au 15e siècle, durant la guerre de Cent Ans, Saint-Jean est une bastille occupée par les Anglais. Des Montgommery acquièrent le château. » [7]

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)

     

    Ci-dessus, plan extrait du cadastre napoléonien de 1827 de la commune de Saint-Jean-le-Thomas. On y remarque l'emplacement du " Vieux château " en haut à gauche , Archives de la Manche https://www.archives-manche.fr/

     

         « Au 19e siècle, on détruisit les restes du donjon. » [2]

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « La propriété actuelle de Montgommery est construite à son emplacement. [carte postale ci-contre] (…)

         Saint-Jean, un village qui possède une église du 10ème siècle.
    Depuis le 10ème jusqu'au 21ème siècle, chaque siècle a laissé dans l’église de Saint-Jean, sa part d’architecture, de mobilier et de décoration. Le chœur a conservé des éléments pré romans qui en font une des plus anciennes églises de la Manche. Le porche sud, les fresques romanes et une riche statuaire méritent la visite. » [7]

     

    LES REMPARTS DE DRAGEY (Manche)     « Le château de Saint-Jean-le-Thomas était situé au lieu dit
    « Le Vieux-Château », dans la belle propriété « Montgommery » remarquable à plusieurs titres, dont nous reparlerons au cours de cette histoire ; mais la vieille demeure féodale n'existe plus. M. Ch. Lebreton, membre de la Société d'Archéologie d'Avranches, nous apprend son histoire et ses légendes dans une notice dont nous allons essayer d'extraire les passages les plus intéressants : « Le touriste qui parcourait vers 1850 les rivages de la Manche, rencontrait entre Avranches et Granville, les vestiges d'un vieux château, sur un mamelon de la colline boisée de Saint-Jean-le-Thomas. Depuis bien des siècles, une vieille muraille percée à jour, défiait les tempêtes, son ciment avait la dureté du granit. On pouvait distinguer l'emplacement du donjon dont le grand mur, se dressant avec majesté, devait former autrefois un des côtés de cette tour superbe.
          « L'ensemble de la vieille construction, en triste état, offrait encore trois enceintes et ressemblait par sa position et ses restes à cette forteresse saxonne de Coningsburgh, d'Ivanhoé.
    « Un peu au-dessous de ces ruines pittoresques, se trouvait une ancienne chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié.
          « De cette hauteur, le point de vue est magnifique. On domine la vieille église et le village qui s'appelait jadis : « Saint-Jean-au-bout-de-la-Mer ». En face s'étale la baie du Mont-Saint-Michel avec les voiles de Cancale et de Granville donnant la vie aux eaux de ce lac immense. Les vagues viennent se briser au pied de la falaise fière, il y a bien des siècles, de porter à son flanc le château de l'illustre famille de Saint-Jean.
          « Toutefois, la forteresse dont nous avons décrit les ruines,
    ne fut pas, sans doute, la première demeure des seigneurs
    de Saint-Jean. Elevée au 12e siècle, elle avait probablement remplacé un ancien castel, bâti d'après les traditions romaines. » [8]
      

     

         Voir sur ce sujet l’article sur " Le Château de Saint-Jean-le-Thomas, son histoire et sa légende " par Charles Lebreton dans les Mémoires de la Société d'archéologie, de littérature, sciences et arts d'Avranches - Éditeur : (Avranches) 1873 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6558218n/f181.image.r=%22Le%20ch%C3%A2teau%20de%20Saint%20Jean%20le%20Thomas%22?rk=42918;4

     

         « La famille de Saint-Jean dont le fief historique est Saint-Jean-le-Thomas : famille de la noblesse normande ; grands propriétaires terriens des évêchés d'Avranches et Coutances, dont les membres participent activement à la conquête de l'Angleterre au côté du duc de Normandie Guillaume le Conquérant, et furent largement récompensés par ce dernier et ses successeurs par d'importants domaines en Angleterre : Ainsi au début du 12e siècle, le seigneur de lieu, Thomas de Saint-Jean y fait construire un château fort. Cela provoque des démêlés avec l'abbé du Mont, finalement un accord sera trouvé en 1123 ; et en 1162, dans une nouvelle charte de fondation, Guillaume de Saint-Jean, seigneur de Saint-Jean-le-Thomas, Olive de Penthièvre sa femme : fille du comte Étienne Ier de Penthièvre, comte de Suffolk et seigneur de Richmond en Angleterre, et veuve d'Henri baron de Fougères, et Robert son frère, concédèrent à l'Abbaye de La Lucerne le terrain où le monastère fut définitivement bâti ; ils confirmèrent les donations faites antérieurement par Hasculph de Subligny, et y ajoutèrent la donation de l’église de Saint-Jean-le-Thomas, avec différents autres revenus dans les diocèses d’Avranches, de Coutances et même en Angleterre. Cependant au commencement du 13e siècle, la famille de saint Jean voit toutes ces possessions françaises confisquées par le roi de France Philippe-Auguste, depuis lors la famille de Saint Jean se divisa en deux branches, l'une française qui fit souche en Bretagne et l'autre en Grande-Bretagne : famille anglaise des Saint-John, dont le philiosophe et ministre anglais Henry St John, 1er vicomte Bolingbroke. » [2]

     

    Sources :

     

    [1] Extrait de https://www.france-voyage.com/villes-villages/dragey-ronthon-17430.htm

    [2] Extrait de Wikipédia

    [3] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Manoir_de_Potrel

    [4] Extrait de https://www.manoirdebrion.com/about

    [5] Extrait de https://www.wikimanche.fr/Manoir_de_Brion_(Dragey-Ronthon)

    [6] Extrait des Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie – Éditeurs Mancel (Caen) / Ponthieu et Delaunay (Paris), 1875 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200075p/f332.item.r=%22manoir%20de%20Brion%22

    [7] Extrait de https://www.saintjeanlethomas.com/St-Jean-le-Thomas-village-millenaire_a98.html

    [8] Extrait de Saint-Jean-le-Thomas : autrefois Saint-Jean-au-bout-de-la-mer dans la baie du Mont Saint-Michel par Albert Percepied ; publié par le Syndicat d'initiative de Saint-Jean-le-Thomas 1976 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3346345w/f17.item.r=%22Le%20ch%C3%A2teau%20de%20Saint%20Jean%20le%20Thomas%22

    [9] Extrait de l'article de Henri Bourde de la Rogerie in La Normandie monumentale et pittoresque, édifices publics, églises, châteaux, manoirs, etc.. Manche 1re [-2e] partie. Partie 2 / Éditeur Lemale & Cie, impr. édit. (Le Havre) 1899 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6480990w/f328.item.r=%22manoir%20de%20Brion%22

     

    Bonnes pages :

     

    Site officiel du manoir de Brion : https://www.manoirdebrion.com/

     

    O https://www.mes-ballades.com/50/chateaux-et-manoirs-dans-la-manche-50-en-region-normandie-en-france.htm 

    O https://www.wikimanche.fr/Manoir_de_Brion_(Dragey-Ronthon) 

    O https://www.facebook.com/Archives.departementales.Manche/posts/4336768749729484 

    O http://chezmamielucette.eklablog.com/manoir-de-brion-a-genets-manche-a141448690 

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